Le désert

(poème)

Les aiguilles de l’aube percent
Le corps endormi de la nuit
Ce corps blond allongé
Aux galbes mystérieux et mystiques
Ondule enfin et l’on voit
Comme une peau de serpent qui brille
Comme une mer qui scintille sous les cristaux qui fondent
Sur des vaisseaux qui tanguent
Des marins-bédoins avancent
Le dos au pays
Un goût de sable emplit leurs bouches
Comme le sel bouche la peau des matelots
Et les yeux accrochés à toute oasis
Ils rêvent
De cet îlot inouï
Où ils pourront un jour déposer leur fardeau
Nomade inlassable
Tu cherches un Petit prince qui dors peut-être en toi
Mais la terre est un mirage qui luit souvent au loin
C’est la prière le thé le chant qui enchantent quand le voyage se fait sans fin
Le désert est tout pâle comme une mer fatiguée
Mais le vent est le même pour qui veut écouter
Il chante des poèmes
Dans les tentes et dans les voiles
Et là-haut dans le ciel les mêmes étoiles mènent
Le pas des pèlerins qui peinent
Dans cette vie ou l’on n’apprend
Que chemin faisant



