PAR-donner, PAR-fait ou imparfait ?


Le préfixe « par- » - comme dans PARDONNER - veut dire « complètement, à la perfection ». Par-donner voudrait donc dire à l’origine « donner au-delà, au maximum, donner parfaitement, complètement ». Quelle noble acception !
Mais rassurez-vous, il ne s’agit pas d’une leçon de morale, ce qui nous intéresse ici, c’est le préfixe « par- » lui-même, qu’on retrouve entre autres dans Par-fait.
Du coup, l’adjectif Par-fait » voudrait dire – pour simplifier – fait complètement, achevé parfaitement. Une action parfaite est une action bien achevée.
Je ne sais pas où j’ai lu que le passé composé s’appelle aussi le passé « parfait » (Dans le Grevisse ?) Ce temps serait donc celui de l’action bien achevée dans le passé, ponctuelle, parfaite (d’ailleurs, en anglais on trouve le temps « past perfect » qui correspondrait plus ou moins, avec le « past simple », à notre passé composé).
Vous suivez ?
Nous arrivons donc à l’IM-parfait. Ce temps veut exprimer une action passée dans sa durée, c’est-à-dire pendant qu’elle se passait. C’est une action – passée, soit – mais que je veux montrer, comme dans une vidéo, pendant son déroulement. Non, elle n'est pas parfaite (entendre "achevée", "accomplie").
Récapitulons :
Le passé composé (ou le passé parfait) exprime une action ponctuelle, achevée.
L’imparfait exprime une action passé dans sa durée.
Par exemple :
Le passé composé :
Il a traversé la rue. (On voit le piéton de l’autre côté de la rue, sur l’autre trottoir).
L’imparfait :
Il traversait. (On imagine le piéton sur le passage clouté, en train de traverser, il n’est pas encore arrivé à l’autre trottoir.)
Voilà, c’est ainsi que pour raconter un récit on utilise souvent ces deux temps, l’un, l’imparfait, pour planter le décor et donner des indications sur le temps, le lieu, les circonstances en général, l’autre, le passé composé, pour rapporter les actions qui se déroulent et font avancer l’intrigue.



